Dès le 18 août, le GPRF signe avec la République de Chine une convention prévoyant la rétrocession du territoire à bail de Kouang-Tchéou-Wan[311]. Cette manœuvre, cependant, ne convainc guère[336], d'autant plus que le Parti continue d'exister officieusement[335]. Il s'agit à l'origine d'une religion de propriétaires fonciers et de bourgeois fonctionnaires, la classe supérieure indigène trouvant dans cette nouvelle croyance un moyen de s'affirmer culturellement face aux Français. Si elle ne semble pas avoir eu un tour réellement anti-français, l'affaire de 1916 surprend les autorités coloniales du fait du caractère massif et bien organisé de la contestation[191]. Confronté à l'imbroglio politique indochinois, de Gaulle cherche une solution alternative pour le Vietnam ; il envisage alors de faire revenir au pays le prince Vĩnh San — l'ex-empereur Duy Tân — qui vit en exil depuis près de trente ans à La Réunion. La dernière campagne militaire contre les insurgés vietnamiens a lieu en 1895-1896, après quoi les Français sont réellement maîtres du terrain[33]. Decoux s'attache à accélérer la formation d'une élite indigène : il crée en 1941 une nouvelle assemblée représentative, le Conseil fédéral — remplacé en 1943 par le Grand Conseil fédéral — qui compte une majorité de représentants indochinois. De surcroît, la constitution de la Quatrième République n'est pas encore promulguée et le statut de l'Union française demeure à préciser[352]. La propagande à la gloire du maréchal Pétain est importée en Indochine, les autorités misant sur l'image « confucéenne » associée à son grand âge et à son prestige pour séduire les populations locales. Très dynamique malgré la surveillance de la Sûreté générale, le VNQDD recrute rapidement des centaines de membres parmi les intellectuels, les travailleurs ou les femmes, et passe bientôt à l'action violente[201],[202]. Soutenu par les Américains qui voient alors en lui un rempart contre le communisme en Asie, Diệm mène une politique agressive pour éliminer les derniers restes de l'influence française (allant jusqu'à interdire les prénoms européens), rappelle les représentants vietnamiens auprès de l'Union française, et accélère le départ des anciens colonisateurs[458]. Désignés du nom générique de « Pondychériens » et possédant, au contraire des Indochinois, la nationalité française, les Indiens pèsent d'un poids certain lors des élections cochinchinoises[91]. Le programme de cette nouvelle formation, qui se fixe pour objectif de combattre les « fascistes japonais » et leurs « complices français » (l'administration vichyste) affiche un programme de réformes visant à la justice sociale, sans être pour autant révolutionnaire[263]. En 1915, 4 631 Indochinois — Vietnamiens pour l'essentiel — partent travailler en France, suivi de plusieurs dizaines de milliers dans les années qui suivent. Le gouverneur général Alexandre Varenne recommande ainsi de « traiter les Annamites avec des égards » tandis qu'Albert Sarraut, nommé ministre des Colonies, insiste sur la nécessité d'appliquer des décisions de justice équitables et d'éviter les « verdicts de race »[112]. Sur le plan culturel, l'influence de la France a par contre rapidement décliné jusqu'à disparaître presque complètement, l'Indochine n'ayant jamais accueilli une population française importante, au contraire par exemple de l'Algérie[477]. Ce ralliement de la cour, qui souhaite maintenir coûte que coûte la dynastie, aboutit également sur le long terme à discréditer la monarchie confucéenne, en rompant le lien entre l'empereur — qui semble, aux yeux de la population, avoir perdu le mandat céleste — et la nation vietnamienne. Les ressources de l'Indochine sont alors mobilisées pour ravitailler la Métropole en denrées et matériaux (riz, maïs, thé, café, caoutchouc…). [cf. Le Cambodge conserve un temps ses liens avec le Siam, en proclamant sa vassalité à l'égard des deux pays à la fois, mais l'influence du royaume voisin décline rapidement au profit de celle de la France. L'Annam compte quatorze provinces, le Cambodge neuf, le Laos onze et la Cochinchine — où elles portent le nom d'« inspections », puis d'« arrondissements » — dix-neuf. Les difficultés grandissantes de communications avec l'Europe rendent cependant leur acheminement difficile : l'Indochine doit dès lors diversifier son économie et mise davantage sur les échanges commerciaux avec Singapour et les États-Unis. Outre les différences de statut et de salaire, la position au sein du monde ouvrier est déterminée en outre par l'appartenance ethnique, certaines entreprises opérant une distinction entre les travailleurs annamites et chinois[108]. À l'été 1945, la guerre du Pacifique s'achemine vers sa fin. La vie politique reprend progressivement en Cochinchine, où le Parti constitutionnaliste et le Parti démocrate se reforment[327]. En janvier 1946, le gouvernement de Hô Chi Minh organise l'élection de l'assemblée constituante qu'il promettait depuis plusieurs mois : si le scrutin, censé avoir lieu dans tout le Vietnam, se déroule dans des conditions peu démocratiques — le VNQDD et le DMH ne présentent pas de candidats, un certain nombre de sièges leur ayant été automatiquement accordé, et les candidats Việt Minh sont souvent seuls en lice — il se traduit, grâce à la popularité de Hô Chi Minh, par un plébiscite pour le Việt Minh qui gagne alors en légitimité[335]. Le 14 mars, l'Assemblée nationale vote en urgence une loi permettant la création d'une Assemblée territoriale de Cochinchine. N'ayant rien obtenu des mandarins à part l'évacuation de Dupuis, Garnier choisit l'épreuve de force, avec le soutien actif de l'évêque local, Mgr Puginier. Le nombre d'analphabètes demeure très élevé[166]. En juin 1953, Jean Letourneau — qui était en poste à Saïgon tout en étant membre du gouvernement français — n'est pas reconduit dans le gouvernement de Joseph Laniel. Entre-temps, les cellules clandestines du PCI se reforment progressivement, grâce au soutien décisif du Komintern qui renvoie notamment en Indochine une vingtaine de cadres formés à Moscou. Sortiraparis a déniché pour vous les meilleures idées d'activités gratuites à faire ce week-end du 12 au 14 février 2021, à la maison ou à Paris et en Île de France. Ce traité constitue une sorte de protectorat, présenté dans des termes assez vagues, l'Annam acceptant de conformer sa politique intérieure à celle de la France. En octobre, Jean de Raymond, Commissaire de la République française au Cambodge, est assassiné par un agent Việt Minh. Le 17 octobre, la France et le Cambodge signent une convention qui accorde à Sihanouk le pouvoir sur les forces armées, la justice et les affaires étrangères. Moutet, et plus largement les leaders de la SFIO, sont en outre soumis à la pression des radicaux : les socialistes renoncent à leur revendication du self-government des colonies, tandis que le PCF met son anticolonialisme en sourdine[219],[220]. Les tensions sont également très fortes au Tonkin, où l'administration Việt Minh refuse de laisser les Français appliquer les contrôles douaniers, notamment dans le port de Haïphong où les trafics se multiplient. Ces responsables ont le statut d'administrateurs des services civils : au nombre d'environ 400 dans l'ensemble de l'Indochine, les relais locaux du gouverneur général bénéficient d'une véritable « omnipotence » dans les territoires dont ils ont la charge[55]. L'idéologie communiste du mouvement est désormais affichée au grand jour, tandis que le Việt Minh — dont le nom reste cependant en usage jusqu'à la fin de la guerre d'Indochine — est remplacé par le Liên Viêt, une coalition censément plus large, destinée à attirer tous les patriotes vietnamiens. Les Français n'ont d'autre choix que de préserver et de composer avec les organisations locales et régionales déjà existantes. Ces difficultés à aborder l'histoire coloniale dans toute sa complexité ont contribué à ce que l'Indochine française soit en grande partie méconnue du grand public. Le développement de cette religion suscite bientôt l'inquiétude des autorités coloniales : la répression dont fait alors l'objet le caodaïsme lui vaut un surcroît de prestige et d'influence dans la population. Saïgon, seule ville d'Indochine dont la municipalité est élue au suffrage universel[73], dispose d'une réelle démocratie locale, du moins jusqu'à la création en 1931 d'une préfecture régionale qui s'arroge l'essentiel des pouvoirs. L'aide de Mao n'est pas uniquement militaire, et de nombreux conseillers chinois passent au Vietnam pour aider les forces de Hô Chi Minh à administrer les zones sous leur contrôle[383]. Plus de 3 000 soldats des forces de l'Union française sont morts dans la bataille, et plus de 10 000 ont été faits prisonniers ; les combats ont coûté plus de 10 000 hommes à l'Armée populaire vietnamienne. Les porte-parole du Conseil colonial défendent l'autonomie budgétaire et douanière de la colonie, et font obstacle aux projets de centralisation. Au Laos, Decoux s'efforce de renforcer la cohésion politique : le royaume de Luang Prabang, pour compenser l'amputation territoriale qu'il a subie après la guerre franco-thaïlandaise, reçoit les provinces de Xieng Khouang et Vientiane, ainsi que le Haut-Mékong. La période coloniale a également enraciné dans leurs cultures l'idée de nation, que ce soit au Laos et au Cambodge qui ont été détachés du monde thaï, ou au Vietnam par le biais du traumatisme de la séparation du territoire puis de sa reconquête. Découvrez tous les disques de l'artiste Indochine en vente sur CDandLP au format Vinyl, CD, Maxi, 45 tours Le Nagara Vatta est interdit et son rédacteur en chef, Pach Chhoeun, condamné à la prison à vie. Une fois le traité de Tianjin signé avec la Chine et la guerre de l'opium terminée, les Français ont les mains plus libres pour monter, avec l'aide de l'Espagne, une intervention contre le Đại Nam[10]. Le 22 août, un avion amène à Hanoï une délégation alliée, commandée par le major Patti. Alors que le Cambodge est provisoirement protégé par sa neutralité, le Laos, où le Pathet Lao maintient son influence, retombe dès 1959 dans les troubles politiques puis dans la guerre civile. Les Français étaient peu nombreux en Indochine, qui n'était pas une colonie de peuplement mais en premier lieu une zone d'exploitation économique, grâce à ses nombreuses matières premières (hévéa, minerais, riz, etc.). L'attaque sur la cuvette de Ðiện Biên Phủ, où la France et l'État du Vietnam ont concentré environ 11 000 hommes[435], débute le 13 mars 1954 : l'Armée populaire vietnamienne, dont plus de 50 000 soldats encerclent le camp retranché, bénéficie d'une puissance de feu très supérieure à ce qu'escomptaient les Français, et peut rapidement s'emparer de plusieurs positions, coinçant les troupes adverses. Après le pic de 1885, où le nombre de militaires français atteint jusqu'à 35 000, celui-ci décroît peu à peu, jusqu'à descendre à environ 12 000 hommes, formés principalements de troupes d'infanterie de Marine et de la Légion. À partir de 1928, les militants annamites réclament la fondation d'un vrai parti communiste[200]. La campagne du Haut Laos est cependant un échec pour le Việt Minh et ses alliés, qui ne parviennent pas à prendre Luang Prabang et auxquels la résistance des Français inflige de lourdes pertes[418]. Ce sont en effet les brimades et les mauvais traitements qui poussent les soldats indigènes à se soulever ; incités à la révolte par des détenus politiques, ils tuent leurs supérieurs français et libèrent les prisonniers. Le Cambodge connait deux moussons annuelles (mai et octobre-novembre). En 1900, une loi organise officiellement les unités de l'armée coloniale[83]. À Phnom Penh, Norodom Sihanouk est marginalisé par le gouvernement démocrate ; les tensions politiques favorisent les communistes cambodgiens, qui recrutent de plus en plus parmi la jeunesse — notamment parmi les étudiants installés en France, qui formeront par la suite le mouvement Khmer rouge — et la guérilla des Khmers issarak se montre de plus en plus active.
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